Quelques repères : lat 43°44 et 7°25 Est. / Locator JN33RR

 

²  1215 - 2015  ²

« 800 ANS D’HISTOIRE DE MONACO »

 

Monaco a célèbré en 2015 les 800 ans de son existence.

Il n’est pas inutile de rappeler avec précision, en historien, ces huit siècles d’histoire, loin des informations fantaisistes que l’on peut découvrir sur la toile.

 

Occupé depuis les temps préhistoriques, le site de Monaco connaît successivement une colonisation grecque (IVème siècle av. J.-C.), puis romaine (14 av. J-C à 476) avant d'être abandonné jusqu'à la fin du haut Moyen Âge.

 

 Le 30 mai 1191, Henri VI, empereur du Saint Empire Romain Germanique, pour appuyer son autorité sur cette côte méditerranéenne si lointaine de lui, cherche l'appui de Gênes et lui accorde en fief impérial, dans le but d’en faire un poste avancé de l’Empire et de combattre les Sarrasins qui infestent cette partie de la Méditerranée, le port et le Rocher de Monaco, bien qu'ils se trouvent sur le territoire de la Provence (en 1241, pour assurer la paix, Raymond Berenger, comte de Provence, renoncera à toute revendication féodale sur Monaco).

 

 La prise de possession du Rocher de Monaco par les commissaires de Gênes a lieu le 2 juillet 1191.

Ce rocher est alors la propriété en indivis des habitants de Peille et de l'abbaye de Saint Pons de Nice. La Condamine appartient aux habitants de La Turbie et à l'abbaye de Saint-Pons.

En mai 1197 les habitants de Peille vendront à Gênes les droits qu'ils possèdent sur le Rocher, et l'abbaye de Saint-Pons fera de même le 3 décembre 1197.

 

 Il faut attendre juin 1215 pour voir débuter la construction du castrum ou «château» que l'on appellera plus tard «Château-Vieux», par Fulco de Castello et d'autres Génois, château constitué de tours réunies par des murs, ou courtines, de 37 palmes de haut, environ neuf mètres.

 

En 1253 sera érigé un second château, le «Château-Neuf», ou Castelnovo, plus petit, au Levant, grosso modo à l'emplacement de l'actuelle Ecole des Arts Décoratifs, à Monaco-Ville.

Les premiers habitants, qui ne sont pas encore des Monégasques mais toujours des Génois, constituent la garnison du castrum. En échange de la défense de la place qu'ils doivent assurer, ils sont dispensés de toutes charges, taxes et impôts. Ils s'administrent sous l'autorité d'un castellan, nommé et renouvelé chaque année par Gênes. Cette première organisation est l'embryon de ce que l'on trouvera quelques décennies plus tard, la Commune ou Université des habitants.

 

 Tout aurait pu continuer dans le calme si des luttes intestines n'étaient venues enflammer la République de Gênes.

En effet, en décembre 1295, une guerre civile impitoyable pour le gouvernement et le contrôle de la cité, fruit des profondes rivalités commerciales qui opposent entre elle les familles les plus riches, voit s'affronter le parti des Guelfes, avec les Grimaldi et les Fieschi ; à celui des Gibelins, avec les Doria et les Spinola. Vaincus, les Guelfes se réfugient en Provence où Rainier Grimaldi, qui semble avoir été alors à la tête de cette famille, arme des navires contre Gênes et n'a de cesse dès lors de prendre sa revanche sur les Gibelins.

C'est alors qu'entre en scène son cousin, François Grimaldi.

 

 Dans la nuit du 8 au 9 janvier 1297, ce dernier, déguisé en moine, s'introduit par ruse dans la forteresse qui est rapidement investie par ses partisans. Les habitants se rallient aux Grimaldi, entrant à leur tour en rébellion ouverte contre les Gibelins. Rainier Grimaldi peut être satisfait.

L'événement de janvier 1297 est connu non par un document contemporain, mais par sa seule mention dans une chronique postérieure, les Annales de Gênes, reprise au XVIIIème siècle par l'historien Muratori, dans son histoire générale de l'Italie.

Plus tard, en raison de sa ruse, François Grimaldi sera surnommé Malizia. Il est encore cité dans quelques rares documents du XIIIème siècle et du début du XIVème siècle.

François semble s'être effacé au profit de Rainier, chef de l'albergue (ou famille) des Grimaldi, qui est connu par quelques documents contemporains mais seulement pour son rôle dans la guerre maritime contre Gênes.

Ni lui ni son cousin ne s'installèrent à Monaco, et il ne semble d'ailleurs pas qu'ils aient bouleversé l'organisation de l'administration du Rocher que leurs partisans gérèrent comme par le passé, mais en dehors de tout contrôle génois. Rainier ne fut pas le Seigneur de Monaco, mais il occupa cependant une place prépondérante comme chef des rebelles.

Dès lors, François et Rainier Grimaldi menèrent une guerre maritime sans merci contre Gênes, arraisonnant et pillant navires et marchandises.

Contrairement à tout ce que l'on a pu entendre ou lire, Rainier ne porta ni se s'attribua jamais le nom dynastique de Rainier 1er, notion alors inconnue. Ce n'est que bien plus tard que l'on vit en lui le premier fondateur de la dynastie des Grimaldi, au XVIIème siècle, sous le règne d'Honoré II, premier prince en titre de Monaco et premier à avoir accolé à son nom le chiffre dynastique.

François ne régna donc jamais sur Monaco pas plus que Rainier. C'est le fils de ce dernier, Charles, Amiral Général de France, qui portera le premier le titre de seigneur (dominus) de Monaco (1314-1357).

 

Mais revenons aux événements.

 

 Le 7 juin 1298, Charles II, Roi de Naples, interdit toute communication avec les habitants de Monaco rebelles, à la Commune de Gênes, et autorise les Génois à construire des forts sur ses terres pour entreprendre le siège de la place de Monaco. Les partisans des Grimaldi ne garderont le Rocher que quatre ans et trois mois. Par un traité conclu le 10 avril 1301, les Grimaldi et les rebelles de Monaco remettent la place forte à Charles II, à la condition que, dans un délai de quatre mois, celui-ci leur ménage une paix honorable avec la Commune de Gênes. Fait curieux, ni le nom de François Grimaldi ni celui de Rainier ne figurent parmi les signataires du document, mais une copie en sera remise toutefois l'année suivante à Francesquino de Grimaldis fils de Guillaume, qui n'est autre que François Malizia ... La place sera remise le 4 mai 1301.

Après avoir été au service de Charles II, avec ses galères, en 1302, devenu amiral de France sous Philippe le Bel en 1304, puis seigneur de Cagnes en 1310, Rainier mourra en 1314, François étant déjà décédé en 1309.

 

 Les Grimaldi revinrent à Monaco en 1319 d'où ils furent à nouveau chassés par les Gibelins en 1327, puis rétablis de 1331 à août 1357, date où Rainier II rendit la place à Gênes. Les Grimaldi de Beuil occuperont Monaco de 1395 à 1402. Les Français et leur allié Louis II d'Anjou occuperont Monaco de 1402 à 1417 et Jean 1er, fils de Rainier II, reprendra possession de Monaco en 1419 et s'y maintiendra jusqu'à sa mort en 1454. Pour assurer la perpétuité de la présence des Grimaldi sur le Rocher de Monaco, Jean 1er prit des dispositions testamentaires permettant même aux femmes de régner sur Monaco, dispositions encore en vigueur aujourd'hui.

 

 Au XVème siècle Monaco passe sous la domination de la puissante famille des Grimaldi, comme la plupart des villes-Etats de la péninsule italienne (Médicis à Florence, Sforza à Milan, par ex.). Les Grimaldi acquièrent alors certaines prérogatives jusque là purement communales. Les   Grimaldi affirment et font reconnaître l'autonomie de Monaco sous Jean 1er (1419- 1454), autonomie consolidée par ses successeurs.

 

 Lambert Grimaldi (1457-1494) poursuit un seul but politique, l’indépendance du Rocher et la souveraineté des Grimaldi sur Monaco. Le 16 mars 1458, il promet solennellement « de n’aliéner le susdit lieu de Monaco dans les mains de quiconque ne serait pas du nom et des armes des Grimaldi », fondant ainsi de manière définitive la souveraineté de la Maison des Grimaldi sur Monaco.

 

 Des circonstances politiques défavorables et l'influence croissante de l'Espagne en Europe amenèrent les Monégasques à accepter malgré eux un protectorat espagnol pour plus d'un siècle (1525-1641). Le prince Honoré II (1604-1662), par un jeu diplomatique subtil et par les armes, renversa cette situation le 18 novembre 1641 en chassant les Espagnols et signa le traité de Péronne avec Louis XIII, assurant désormais protection à la forteresse de Monaco.

 

 Annexé par la France en 1793, Monaco ne fut rendue aux Grimaldi qu'en 1814, puis connut une occupation sarde (1814-1860). Le règne de Charles III (1856-1889) vit l'expansion économique de la principauté, grâce au chemin de fer, et la création de Monte-Carlo en 1860. Le prince Albert 1er (1889-1922), en tant qu'homme de science, explora mers et océans (Musée Océanographique). Homme de paix, il fonda l'Institut international de la Paix (1912). Homme politique, il dota la principauté de sa première organisation constitutionnelle (1911).

 

 Depuis l'avènement de S.A..S. le Prince Rainier III, en 1949, Monaco a connu un essor économique et industriel sans précédent, qui a complètement bouleversé la physionomie de la principauté devenue place bancaire internationale. Son règne restera celui d'un grand prince bâtisseur. Dans le domaine de la culture, Monaco a un rayonnement international par son opéra, son corps de ballet, l'orchestre de Monte-Carlo, ses expositions internationales, ses prix littéraires et artistiques (Fondation Prince Pierre), etc. Dans le domaine du sport, rallye de Monte-Carlo, grands prix automobiles, football, etc. participent au renom de la principauté.

 

 Monaco, Etat souverain et indépendant, est enclavé dans le département des Alpes-Maritimes. Le territoire de la Principauté (un peu plus de 2Km²) compte environ 42.000 habitants dont 7500 Monégasques. Etat membre des grandes organisations internationales (O.N.U., U.N.E.S.C.O., U.I.T., etc.), Monaco ne fait cependant pas partie de l'Union Européenne mais a demandé récemment son adhésion au Conseil de l'Europe, après avoir ratifié en 1994 la Convention Culturelle Européenne.

 

 Le règne de Son Altesse Sérénissime le prince Albert II est tourné vers le développement durable tant à travers des activités sur le territoire de Monaco que par des  accords de coopération dans ce domaine pour la protection de la biodiversité et de l’environnement.

 

Claude Passet, 3A2LF

Chargé de recherches - Monaco

 

 

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